De Paris à Montréal...
...un autre monde

Cette période de l’œuvre de Willy, réalisée à Montréal aborde le thème de la pudeur humaine face à l’érotisme, traduit par des images très photographiques, comme celles du torse féminin zoomant en gros plan sur des aiselles féminines, «au naturel».

Son «origine du monde» de 1999, inspirée par la célèbre peinture de Gustave Courbet, peintre Français réaliste et engagé de la seconde partie du XIXe siècle, évoquait déjà la préoccupation de Willy d’affirmer son questionnement sur la place et la valeur de l’érotisme selon lui.

On doit aussi y lire sa conception de la considération humaine à une échelle plus large, approchant une notion intellectuelle.Courbet lui-même en 1866 affirmait à travers cette choquante image sa définition de la réelle provenance et importance humaine, face au traitement infligé «de l’humain sur l’humain».

Pour revenir au sujet principal de ses œuvres, Willy utilise le support érotique, qui lui est familier depuis son adolescence, et exprime un sentiment nouveau depuis son immigration au Canada, celui de la différence de regard porté sur l’érotisme, éroné par la pudeur selon les mœurs affirmés dans différentes cultures.

Les émotions que l’on s’autorise, ou que l’on ne s’autorise pas selon le poids des valeurs morales imposées.

Willy suggère donc ici un regard forcé sur des images très réalistes et empruntées de la photographie, sur un détail naturel qui pourtant devient dérangeant, pour solliciter une remise en question des idées reçues qui réduisent la crédibilité d’être assez ouvert pour tolérer et même revendiquer une appartenance à une culture.

L’emprunt de la culture ne doit pas effacer l’émotion que l’érotisme peut procurer.

- Delphine Dupuis